Anne-Marie DEBARBIEUX

 

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Chronique parue dans le journal "Partages" en 2012

 

 

DIS-MOI CE QUE TU MANGES

 

Dans la cafeteria d'un hypermarché, un gamin d'environ douze ans dîne avec ses parents. Il est déjà atteint par l'embonpoint, et je le vois attaquer une entrée assortie de pain beurré, puis un plat de résistance abondant, tandis que trône sur son plateau une bouteille de soda. Des images se superposent alors dans ma tête : celle de ces jeunes qui se battent contre la terrible maladie qu'est l'anorexie et deviennent parfois incapables d'avaler quoi que ce soit ;  celle de ces gens qui cherchent de la nourriture dans les poubelles des autres (parfois abondamment garnies) et qui se voient parfois aujourd'hui interdire cette pratique parce qu'elle est devenue un délit. Je vois ces immenses rayons de nourriture dans les temples de la surabondance où l'on finit par ne plus que savoir acheter tant « trop c'est trop », et où on essaie de nous convaincre qu'en achetant plus nous allons faire des économies (je n'ai pas encore compris comment on fait des économies en dépensant !). Je vois ces cornets de pâtes si prisés des jeunes et qui se vendent à un prix qui me semble parfois exorbitant. Je vois ces friandises débitées sans répit par les distributeurs automatiques tandis qu'on nous serine la litanie des cinq fruits et légumes (au moins !) par jour. Je vois cette émission au début si sympathique « Un dîner presque parfait » qui devient parfois au fil du temps le lieu de la démesure et de la prétention.

Personnellement, j'aime la bonne cuisine : j'aime la faire et la déguster et j'aime les repas que l'on partage. Je ne résiste pas toujours au petit pain au chocolat ni à la crème brûlée que le cuisinier du lycée fait lui-même à notre intention, je ne m'astreins pas continuellement au 100%  « nutrionnellement correct ». Je suis effarée par la mode de la maigreur et ses ravages comme par celle de la « malbouffe » et celle des repas avalés en cinq minutes, chacun picorant à son gré dans le frigidaire.

J'aime la vraie cuisine simple, fine, équilibrée, celle qui nous rassemble pour les petites ou grandes occasions ou tout simplement pour le quotidien. J'aime les tables bien dressées et la jolie vaisselle et le fumet des plats qui mijotent.

J'aime également le bon restaurant à condition que l'ambiance n'en soit pas guindée et impersonnelle.

Et j'aime aussi, de temps en temps un « jambon beurre » dégusté avec un demi à la terrasse d'un bistrot bien sympa et bien de chez nous !

La gastronomie est un art mais elle est avant tout une composante essentielle du « vivre ensemble ».